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Réponse à la tentative de récupération de la marche des filles

D 15 novembre 2018     H 08:27     A Sarah     C 0 messages


Le 26 octobre, le groupe non-mixte du lycée expérimental, l’association Femmes en Lutte et d’autres femmes ont participé à une marche nocturne.

S’il peut paraître réjouissant que le sujet soit abordé en conseil municipal comme cela l’a été le mois dernier, il est beaucoup plus déplaisant que le sens de cette marche soit détourné. Encore une fois, nous constatons que la parole des femmes est confisquée : ce n’est pas parce qu’il y a des délinquants que cette marche a été organisée, mais parce qu’il y a un message dans notre société qui est intégré par toutes et tous. Et ce message, c’est que nous, femmes, nous mettons en danger en circulant à n’importe quelle heure dans l’espace public. Beaucoup de choses contribuent pleinement à nous délivrer ce message, que ce soit dans les affichages publicitaires qui réduisent les femmes à des objets sexuels, dans les regards, ou bien dans les remarques – qui se veulent parfois bienveillantes, qui nous sont adressées. Nous sommes les mieux placées, faut-il le rappeler, pour savoir qu’il y a de multiples façons d’oppresser les femmes et par là même de multiples façons de garantir ce sentiment d’insécurité. De plus, nous avons acquis la certitude que les auteurs de harcèlement ou d’agressions sexuelles, n’ont ni âge, ni allure, ni couleur, ni classe sociale particulières.

Il n’y avait pas de revendication, ni de banderole, car les marches nocturnes — qui existent partout en France — ne sont pas des manifestations. Il s’agit pour les femmes de se réapproprier l’espace public. Les rues sont des espaces communs, mais force est de constater que ces espaces ne sont pas occupés par tout le monde de la même manière. Si les hommes s’y arrêtent, bruyamment ou non, les femmes ne font que passer. Quand les hommes se regroupent, les femmes y sont souvent seules.

En aucun cas, il ne s’agit de stigmatiser tel ou tel type d’homme, mais un système patriarcal où le fait d’être une femme nous assimile à une proie sur laquelle on pourrait fondre.

En conclusion, je vous relis le tract qui avait été édité pour l’occasion :

Marcher dans la rue quand on est une fille, un acte anodin ? Non.

82 % des filles de moins de 17 ans ont subi un harcèlement de rue, 76 % des Françaises ont été suivies au moins une fois dans la rue, 100 % des utilisatrices des transports en commun ont été victimes au moins une fois de harcèlement.

Baisser la tête, faire semblant de téléphoner, éviter, esquiver, penser à quel itinéraire on va prendre, quelles rues fréquentées ou plus éclairées, réfléchir à sa tenue. Se faire raccompagner comme si nous ne pouvions pas être autonomes dans nos déplacements. Avoir peur, le pouls qui s’accélère parce que nous entendons des pas, sursauter quand vous nous interpellez sans vous soucier de savoir si nous souhaitons vous parler.

Notre corps ? Une pièce de viande que vous jaugez. Un coup de gueule ? Non un fait de société qui a un réel impact sur la vie des femmes : la majorité des espaces publics sont non-mixtes. Dans des espaces urbains pensés et réalisés par des hommes et pour des hommes, les filles ne se sentent pas légitimes.

Et pourtant nous aussi, nous avons le droit de vaguer la nuit dans les rues narratives de notre ville. Comment vous faire comprendre que les femmes ne sont pas à disposition des hommes ? Que le désir n’est pas un besoin à assouvir impérativement ?

Le groupe non-mixte filles du Lycée Expérimental et le groupe féministe F’Lutte vous invitent à reprendre la rue lors d’une marche des Filles le mercredi 26 septembre à 20h place de l’Amérique Latine à Saint-Nazaire Venez comme vous êtes avec votre joie et votre détermination.

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